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treize raisons pour ne pas... , José MOREL CINQ-MARS, suite au 26 mars 2011
 

Le Cercle Freudien

Dijonnais

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treize raisons pour ne pas... , José MOREL CINQ-MARS, suite au 26 mars 2011

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Treize raisons pour ne pas…

Invitée le 26 mars dernier par le Cercle freudien de Dijon à venir parler de mon livre Psy de banlieue[1], j’en suis revenue émue par la qualité de l’accueil que j’avais reçu et par ce qui a pris l’allure, comme je l’avais espéré sans trop y croire, d’une conversation avec la salle. Le travail en amont de Gilles Monchicourt et de Claire Vercraene n’est pas pour rien dans ce qui s’est passé cet après-midi là. Lecteurs attentifs et bienveillants, ils ont pris le temps de faire connaissance avec moi pendant les quelques heures qui ont précédé la rencontre. Nous nous sommes ainsi vite découverts des points communs dans la façon de mettre la psychanalyse en pratique et, étonnamment rapidement, nous nous sommes surpris à « penser ensemble ». Ces échanges préalables m’avaient mise en confiance et en joie. Plus tard, en présence de ceux et celles qui étaient venus m’écouter leurs questions m’ont entrainée à moins parler d’ « écrire la psychanalyse », le thème retenu pour ces rencontres, qu’à réfléchir plus avant sur ce travail particulier qui fut le mien quand j’allais rencontrer à leur domicile des familles endeuillées. Rapidement après que j’aie pris la parole une première question a fusé, puis une seconde, puis quelque chose s’est transformé, et il n’y a plus eu vraiment d’ « intervention » mais un échange animé avec la salle. De cet échange, j’ai retenu une ou deux question trop intimes pour que j’en parle ici. Pour le reste, j’ai retenu le ton, vif, l’ambiance, frémissante, mais pas le détail. Et quelle importance ? N’en va-t-il pas de même pour chacun ? Quand on lit un livre ou qu’on écoute quelqu’un retient-on jamais beaucoup plus qu’une ou deux idées, celles-là mêmes qui arrivent à point nommé pour éclairer, relancer, animer une question qu’on se posait déjà ? N’est-on pas autant étonné par un style, touché par une façon de parler, de bouger ou de se taire ? N’est-on pas (re)mis au travail parce que quelque chose d’insaisissable a opéré que le verbatim des paroles prononcées rendrait bien mal ?

Pour raconter ce qui s’est passé pour moi ce 26 mars à Dijon, il faudrait aussi que je parle du temps d’après, celui du verre avant le chemin de retour, où j’ai eu la chance d’entendre par Marie-Thérèse Fritz et Monique Tricot le récit fondateur de la rencontre entre PMI et psychanalyse. Et si là non plus je n’ai pas retenu le détail, j’ai à tout le moins retrouvé intact le même enthousiasme que celui qui régnait aussi dans le département de la Seine St-Denis quand avec une douzaine d’autres collègues psychologues cliniciennes j’y avais été embauchée. Nous savions déjà qu’en Côte d’Or, la psychanalyse parfois sortait de son cabinet.

Ce long préambule pour dire que ce n’est pas désinvolture si je réponds par la négative à la demande du texte de mon intervention. Mais je veux bien vous dire pourquoi, et vous verrez peut-être que ce n’est pas sans lien avec le thème qui vous occupe, « Écrire la psychanalyse ».

Il n’y aura pas de texte de mon intervention,

  1. Parce qu’invitée à parler de Psy de banlieue dans le cadre d’une série d’invitations lancées par le Cercle freudien de Dijon, je n’avais pas d’intervention toute prête à lire ;
  2. et que d’ailleurs, je n’en ai jamais.
  3. Parce qu’écrire et parler sont (pour moi ?) deux actes radicalement différents : j’écris ce que je ne sais pas dire ; je dis ce que je ne sais pas écrire.
  4. Parce que les orateurs qui lisent leur texte m’ennuient. Mais je peux aimer lire leurs livres ou leurs articles.
  5. Parce que je ne peux parler qu’à ceux qui sont là, présents, tandis qu’écrire s’adresse aux absents. (Qui n’ont pas forcément tort.)
  6. Parce que j’aime le hasard, le contingent, l’inspiration du moment et la surprise des rencontres. Leur choc parfois aussi.
  7. Parce que j’aime me laisser déplacer par les questions.
  8. Parce que je n’avais emportée avec moi que quelques notes en cas de panne, mais que de panne il n’y a pas eu. Inutiles, elles furent donc rapidement perdues.
  9. Parce que le temps de cette rencontre a valu aussi par les interventions des deux accueillants-discutants et par celles de la salle et que c’est cet ensemble qui aura peut-être fait trace pour ceux qui étaient présents.
  10. Parce qu’écrire m’est difficile, et me demande un temps immense. Vous n’imaginez même pas !
  11. Parce que le transfert- qui est affaire de présence - a toujours l’air boiteux quand on essaie d’en rendre compte. Parler, s’écouter, se répondre, c’est aussi du transfert, non ?
  12. Parce que j’ai écrit pour ne pas parler. (Ca m’apprendra… )
  13. Et parce qu’écrire ce qui a été dit … « I would prefer not to »

José Morel Cinq-Mars,
Montreuil, juillet 2011

 



[1] Publié chez Erès au printemps 2010.

Mise à jour le Dimanche, 18 Décembre 2011 21:07  

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